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Felix Nowowiejski : Quo Vadis, oratorio. Chodowicz, Gierlach, Kaminski, Borowicz.
Diapason de septembre 2017
Critique de Didier Van Moere
Page n° 113
Format : 2 CD
Durée totale : 01:35:15

Enregistrement : 29/06/2016
Lieu : Poznan
Pays : Pologne
Prise de son : Live / Stereo

Label : CPO
Référence : CPO555089
EAN : 0761203508921
Code Prix : DM037A

Année d'édition : 2017
Date de sortie : 28/06/2017

Genre : Classique
Felix Nowowiejski (1877-1946)
"Quo Vadis", oratorio pour voix seul, chœur mixte, orgue et orchestre

Wioletta Chodowicz
Robert Gierlach
Wojtek Gierlach
Slawomir Kaminski, orgue
Chœur et Orchestre Philharmonique de Poznan
Lukasz Borowicz, direction

Pourtant auteur d'une œuvre symphonique conséquente et de quelques opéras, le polonais Feliks Nowowiejski (1877-1956) doit sa toute relative popularité à ses deux oratorios : « Le retour du fils prodigue » (1902) et ce « Quo Vadis » (1907) qui fait l'objet de cette nouvelle publication. L'oeuvre, massive, nécessite un effectif orchestral et choral important. Le livret est tiré du roman de l'écrivain polonais Henrik Sienkiewicz relatant les persécutions des premiers chrétiens à Rome luttant contre le régime de l'empereur Néron. Nowowiejski tout comme sa librettiste Antonia Jungst voit dans l'opposition chrétiens versus romains, une allégorie du peuple polonais soumis au matérialisme d'un état décadent. Le style musical, issu de ses rencontres (Dvorak, Bruch) et d'influences diverses (Mahler, Saint Saëns, Roussel, les véristes italiens) collectées durant les voyages du compositeur, sublime ces notions d'héroïsme et de sacrifice dans une alternance d'ambiances contrastées. Nowowiejski avait un faible pour les musiques solennelles et de cérémonie. Marches militaires, intermèdes introspectifs, déchaînements chorals ou orchestraux, évoquent aussi bien les compositeurs précités que Wagner et Berlioz par le geste ample et la profusion des moyens techniques et sémantiques mis en œuvre. « Quo Vadis » a connu moult succès internationaux depuis sa création en 1909. Le public sans doute gagné par la force de son message lui fit honneur. Aujourd'hui, l’œuvre, malgré quelques fulgurances, reste longuette et parfois pompeuse, manquant sans doute d'une personnalité plus affirmée. Retenons quand même l'atmosphère décantée à la fois élégiaque et lugubre dans la seconde moitié de l'oratorio et les belles interventions du baryton et de la soprano où le tropisme wagnérien règne en maître. Le chef Lukazs Borowicz s'est pris d'amour pour cette œuvre (Il s'en explique dans la notice) et la dirige avec la foi du charbonnier (Jérôme Angouillant)

Le roman de Sienkiewicz sur les chrétiens de Rome au temps de Néron devait être porté en musique, son succès international le commandait. Les prétendants furent nombreux, Emile Mynarski tenta l’expérience mais abandonna rapidement, finalement Feliks Nowowiejski emporta la palme. Oratorio ou Opéra ? Il esquissa son projet lors d’un séjour Romain en 1903 mais devant la complexité du matériau dramatique de Sienkiewicz et son ton parabolique la forme de l’oratorio s’imposa : Nowowiejski, alors encore élève de Max Bruch qui n’en fut pas avare, dominait les arcanes du genre. Le succès fut immédiat dés la création au Concertgebouw d’ Amsterdam en 1909, l’œuvre dans sa version originale en allemand – celle en fait pratiquée par le compositeur dès son enfance, sa langue maternelle, s’il parlait couramment polonais il ne pourra jamais l’écrire – connut une large diffusion, pas moins de 150 exécutions dans toute l’Europe mais aussi en Amérique : la création new yorkaise fit grand bruit. Toute cette gloire disparut avec la seconde guerre mondiale. Et voici qu'un nouvelle version parait. Il faut passer sur la pompe épuisante de la première scène, vide de musique et pleine de bruit où les musicographes se plaisent à souligner des citations de la Symphonie Résurrection de Mahler que je n’ai pas aperçues, et aller directement au cœur de l’œuvre – roman ou oratorio d’ailleurs – la vision christique de Saint Pierre sur la Via Appia alors qu’il fuit Rome, seul moment où la musique peu inspirée de Nowowiejski trouve une illumination. La fougue déployée à Poznan par Lukasz Borowicz lors de la résurrection de la version polonaise est assez irrésistible. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle parution surclassent aisément l’ancien enregistrement de Robert Satanowski (Discophilia - Artalinna.com). (Jean-Charles Hoffelé)

A hundred years ago it was absolutely the greatest hit everywhere in Europe – the oratorio Quo Vadis by Feliks Nowowiejski, based on Henryk Sienkiewicz’s novel of the same name and magnificently scored for soloists, mixed chorus, organ, and orchestra. We at cpo are now releasing this gigantic work in an interpretation by the Poznañ Philharmonic under the conductor £ukasz Borowicz and with outstanding soloists and the Chorus of the Podlasie Opera and Philharmonic of Bia³ystok. Nowowiejski composed his oratorio in 1903, and during the following thirty years it was performed more than two hundred times throughout Europe and in North and South America – not least because its literary source, Henryk Sienkiewicz’s novel with this title, was very well known. The Polish writer Sienkiewicz was awarded the Nobel Prize for Literature in 1905, and the popularity of his novel Quo Vadis must have substantially contributed to this decision. Many of Nowowiejski’s works are the expression of a quest for identity, and here the oratorio Quo Vadis leads the search. After all, it embodies generally humanistic values – like Sienkiewicz’s literary oeuvre – and was and is situated beyond the realm of partisan politics.

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