 Avec l’aide du pianiste Oliver Triendl, avocat résolu des œuvres de compositeurs et compositrices oubliés, le label CPO édifie une somme de raretés musicales d’intérêts variés mais toujours enrichissantes pour la culture de l’auditeur par la réticularité des liens qu’elles entretiennent avec les œuvres majeures qui leur sont contemporaines. Richard Rössler (1880-1962), est un exemple typique : letton d’après le lieu de sa naissance à Riga, il est plutôt un compositeur allemand de la Baltique, instruit à Berlin par Max Bruch (1899), avant de devenir lui-même pédagogue et pianiste renommé, titulaire de la chaire du Conservatoire de Berlin de 1910 à 1953… Peu symphoniste, sa carrière de compositeur s’achevant peu après 1920, il laisse surtout une œuvre de musique de chambre et de pièces pour piano, et traversa la période du national-socialisme dans une indifférence apolitique qui lui valut vite un relatif oubli. Le Sextuor en Mi bémol majeur, pour violon, alto, violoncelle, clarinette, cor et piano, daté de 1906, offre un rare alliage de timbres, et se distingue par un mouvement initial en forme de Passacaille, proche du finale de la 4e Symphonie de Brahms, tandis que les trois autres mouvements, notamment le Presto intermédiaire, rappellent plutôt Reger ou Richard Strauss. Seul l’opus 37 de Dohnányi reprendra le même alliage en 1935. Le Quintette avec piano en La majeur opus 28 daté de 1916, ne laisse significativement percevoir aucune trace des moments dramatiques de sa composition, Rössler ayant trouvé dans les forêts et les prairies berlinoises, selon ses propres dires, un isolement lui permettant de "composer tranquillement et ramasser des champignons" ! Mais, dans son esprit, on perçoit nettement l’influence post-romantique et le clin d’œil malicieux qu’il adresse au "Till Eulenspiegel" (1895) de Richard Strauss à la fin de son premier mouvement. Retiendra l’attention des collectionneurs. (Jacques-Philippe Saint-Gerand)  A new name appears in our collection of rarities: Richard Rößler, born in 1880 in Riga, the Latvian capital, trained at the Berlin Music Academy and later highly esteemed there as a professor of piano from 1918 to 1953, was one of those late-Romantic composers deeply influenced by Johannes Brahms. Unlike his Hungarian contemporary Béla Bartók, Rößler remained steadfastly loyal to the worldview of his great role model. When he realized, around 40, that aesthetic developments were passing him by, he limited his output to a few occasional pieces. This is all the more regrettable, as the two newly recorded works here reveal a significant and profound talent capable of creating distinctive characters using traditional musical means.
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