 Pourquoi 1825 ? Parce que c'est l'année où la magnifique harpe utilisée dans cet enregistrement est sortie des ateliers parisiens de Sébastien Erard, sous le numéro 3804... La harpe à simple mouvement avait été inventée vers 1720 par le harpiste et luthier bavarois Jakob Hochbrücker (1673-1763), améliorant nettement les possibilités de modulation, et stimulant les compositeurs, souvent harpistes eux-mêmes. C'est pour cet instrument qu'ont été écrits le Rondo de Pleyel, les Variations de Beethoven et même la fantaisie de Louis Spohr. Si les morceaux des deux compositeurs les plus anciens ont été publiés « pour harpe, pianoforte ou clavecin », tant leur écriture est peu idiomatique, la fantaisie de Spohr, créée pour son épouse Dorette Scheidler (1787-1834), révèle une connaissance intime de l'instrument. Dorette, ayant reçu en cadeau de Erard un exemplaire de sa nouvelle harpe à double mouvement, ne put jamais maîtriser sa technique, et se replia sur le piano... Erard breveta son invention en 1810, après vingt ans de recherches et de mises au point. Dès son avènement, la nouvelle harpe connut de fervents adeptes, tels Bochsa, dont la vie est un vrai roman, auteur dès l'année du brevet des « Dix études composées pour la harpe à double mouvement de Sébastien Erard », entre autres œuvres magnifiques, avec lesquelles on entre en plein dans la période romantique, dont le harpiste emblématique est cependant le britannique Elias Parish-Alvars. « Le Liszt de la harpe » selon Berlioz, a su comme dans les trois œuvres superbement interprétées ici par Elizabeth Plank, mettre en valeur les nouvelles possibilités de la création du facteur parisien, et faire « sonner » idéalement ses trois registres, bien plus différenciés que sur une harpe moderne : aigus argentins et précis, médiums moelleux et charnus, basses feutrées et ombreuses. La harpe superbement restaurée dont joue l'artiste nous invite à une redécouverte magique de ce répertoire trop méconnu. (Jean-Michel Babin-Goasdoué)  "1825" – the title of the upcoming album of the young Austrian harpist Elisabeth Plank takes reference to the instrument of this recording, the historical double-action harp which was created in that year by the Paris firm of the Érard Brothers. The selection of works makes the emergance of an original harp style audible, which foremost consisted of a stylistic distinction between harp and piano, which was first made possible by the further technical development of both instruments during that time. The CD presents compositions by Louis Spohr, Ludwig van Beethoven and Ignaz Pleyel, which were still written for the single-action harp, next to works for the double-action harp by Elias Parish Alvars, without any doubt the most popular harp player of his time, by Franz Lachner, Charles Nicholas Bochsa and Gioacchino Rossini. "For me this album represents the start of an intensive examination of the historical double harp and of the history of the harp in Vienna. This CD is therefore intended as an invitation to people to immerse themselves in a world of sound unknown today and in an unfamiliar aspect of Vienna". (Elisabeth Plank)

|