 Cigare, panama, billard, sur les pochettes Marcelo Bratke joue à Villa-Lobos, pas au point d’arborer cette guitare qui ne quittait guère le compositeur. Non, dans ce qui semble une intégrale de l’œuvre pianistique abandonnée en cours de route, le pianiste brésilien va au-delà du personnage. La nudité recueillie de sa Quatrième "Bacchianas brasileiras" ou du Cinquième "Choros", la subtilité de ces deux "Saudade das selvas brasileiras", les contrastes dans un pianisme ailé du "Ciclo Brasileiro" recommande le deuxième volume pour entrer dans cette anthologie si peu connue de ce côté-ci de l’Atlantique. Merveilles absolues, les cycles illustrant le monde de l’enfance, le vaste "Guia pratico" évidemment, réponse improbable et réjouissante à "Mikrokosmos", mais "Prole do bebé", les Suite "infantil", le "Carnaval" surtout, tous y compris l’émouvant "Francette et Pia" délivrent chez Bratke une fantaisie, des tendresses, une émotion qui font rager de voir l’intégrale toujours incomplétée depuis 2017… (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)  Son nom seul est si connu qu'on pourrait dire à la Satie, il s'appelait Villa-Lobos comme tout le monde. Et pourtant, ayant découvert de longtemps cette musique abondante, généreuse, profuse (par Anna Stella Schic, puis Sonia Rubinsky), nous ne laissons pas de nous étonner que tant de pianistes tiennent absolument à en donner aujourd'hui l'intégrale, bien loin factuellement de l'intérêt d'un large public, c'est comme ça. Et certes, tout n'est pas indispensable de qui composait comme il respirait, à croire qu'il avait un Steinway dans les narines (l'excès chatouille, le mouchoir de Cholet se rebiffe, le destin de l'homme n'est plus que piano aqueux). Particulièrement dans ce double album, musique jolie et facile, gracieuse et presque enfantine, d'un métier quasi impersonnel, et d'autant mieux interprétée qu'on ne voit pas très bien qui pourrait faire exprès de jouer franchement mal cette simplicité d'inspiration. Entre Album pour la jeunesse (les chansons de Brinquedo de roda, ou jouets à roues) et Mikrokosmos sans progressivité (la glanaison d'airs populaires du Guia pratico album). Aucune faute de goût, et nulle prise au dégoût, au point de titiller en chacun de nous (ne niez pas) le discophage compulsif qui veut "avoir tout". D'accord, mais à condition de connaître d'abord le meilleur qui n'est pas ici de cette vaste œuvre pianistique (A prolo de bebe, choros Alma brasileira, Cirandas, 4ème Bachianas brasileiras, Valsa da dor...). Et de (re)découvrir ses quatuors à cordes (avec aussi un détour par ceux de l'exilé brésilien Darius Milhaud !). (Gilles-Daniel Percet)  Although Brazilian composer Heitor Villa-Lobos (1887-1959) never had any children of his own, the world of infancy has always been a powerful inspiration for his works. Children-inspired scores spread through his whole output, from some of the earliest examples we listen to in this volume until his last opera, A Menina das Nuves (The Girl of the Clouds), finished in 1958 and posthumously premiered in 1960. In addition to this, this recording also pays tribute to Villa-Lobos' outstanding achievement as a musical educator in Brazil, by displaying the whole lot of Guia Prático (Practical Guide), that perhaps might be seen as a kind of a Brazilian response to Hungarian Béla Bartók's Mikrokosmos. There is a degree of technical skills required to play these pieces – like Debussy's Children's Corner, or Schumann's Kindreszenen, they are children-inspired, but not child-oriented.
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