 De lui, on connaît mieux ses rôles, de pianiste (son interprétation d’Erik Satie) et surtout de chef d’orchestre (il fonde le Schönberg Ensemble, aujourd’hui Asko/Schönberg, qui se donne pour mission de jouer et promouvoir les œuvres de musique contemporaine), mais l’amstellodamois Reinbert de Leeuw (1938-2020), dont György Ligeti admire le dévouement complet à l’art, laisse également une (petite) liasse de partitions – dont la plupart datent du début de sa carrière. Quatre décennies séparent cependant les deux morceaux de ce disque, confiés au Netherlands Radio Philharmonic Orchestra, dirigé, pour "Abschied", qui date de 1973, par Edo de Waart et pour la plus récente par le compositeur lui-même. Il écrit "Der nächtliche Wanderer", sa première partition pour orchestre en 40 ans, l’esprit harcelé par le doute, existentiel, de savoir si son travail apporte une réelle contribution à l’histoire musicale, déjà débordante de chefs-d’œuvre admirés, et avec une ambition à la hauteur de son incertitude : outre le grand orchestre, la pièce, en un seul mouvement de 45 minutes, requiert l’enregistrement d’un ensemble à cordes, un accordéon et une déclamation. Si "Der nächtliche Wanderer" est un aboutissement, "Abschied", tempétueux et rageur, est le fruit virulent de l’énergie turbulente d’un adulte de 35 ans à un tournant de sa vie. (Bernard Vincken)  De Leeuw may have started out as a composer, but that aspect receded into the background in the 1970s. He became more and more a performer of music of the major composers our own era. In 1974, he seemed to give up composing altogether: the title of his compact, stormy orchestral work Abschied, from that year, says what needs to be said on that front. After four decades, Der nächtliche Wanderer was the first orchestral work by De Leeuw since Abschied. The stormy, compact nature of his first orchestral work gave way here to an enormous, dramatic structure, suffused with resonant memories. Der nächtliche Wanderer is named after the short poem of the same title by Friedrich Hölderlin. It crosses every boundary of pretention: over 50 minutes of music in a single movement, for large orchestra with another orchestra off-stage plus played and spoken fragments on tape. Der nächtliche Wanderer is an extreme work in every respect. Its structure and language are complex, but so is its orchestration: with musicians who play in the wings (in a fernorchester, à la Mahler) and with recordings that sound like shreds of recollection over the orchestra.

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