Des astres du nouveau Quatuor les deux opus de Janacek ? Les Acies répondent avec à propos deux drames intimes, tournant résolument le dos aux versions expressionnistes des ensembles tchèques qui depuis la légendaire gravure du Quatuor Janacek abrasaient leurs cordes et violentaient le discours, au point de tendre quasi tous vers le langage radical d’un Bartók. C’est par l’autre prisme de la modernité, celui de la Seconde École de Vienne, que les Arcies envisagent le dytique du morave. Leur « Lettres intimes » a le ton fiévreux, l’érotisme trouble et les élans oniriques de la "Verklärte Nacht", tout un monde nocturne qui est le revers de l’agitation névrotique, des apartés dramatiques, des confrontations existentielles qui implosent tout au long du "Premier Quatuor" inspiré par "La Sonate à Kreutzer" de Tolstoï. Cette mise en miroir si pertinente va au cœur des deux opus, abandonnant les arrêtes de leur discours pour faire résonner la plénitude expressive de l’harmonie. Ce n’est plus un quatuor, mais par la diversité des attaques, l’ampleur des phrasés, l’intensité des dynamiques un orchestre à quatre où se jouent deux opéras, où paraissent des personnages, lecture fascinante d’un quatuor qui replace enfin les deux chefs d’œuvre de Janacek dans l’orbe culturel de l’empire austro-hongrois. Passionnant. Je serais curieux de les entendre chez Smetana (Discophilia - Artalinna.com). (Jean-Charles Hoffelé) The string quartets by Leos Janacek can without any doubt be counted among the highlights of chamber music works of the period between the two World Wars. His first quartet from 1923 titled “Kreutzer Sonata” refers to the eponymous novella by Leo Tolstoy, a story about adultery and murder of jealousy, quickened by the power of music, and expression of Tolstoy’s deeply Christian and anarchistic understanding of sociology. “Intimate letters”, Janaceks second string quartett composed in 1928, documents his discontent with his own conjugal life, depicting his long-term platonic affection for the likewise married Kamila Stösslova, with whom he exchanged more then 700 love letters. – The Carinthian ensemble Acies Quartet with another coup of furious brilliance paired with their unmatched emotional profundity.
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