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Mantovani : Le Sette Chiese. Intercontemporain.
5 de Diapason
Diapason de avril 2008
Critique de Pierre Rigaudière
Page n° 108
Format : 1 CD Digipack
Durée totale : 01:16:09
Prise de son : Stereo

Label : Kairos
Référence : 0012722KAI
EAN : 9120010281297
Code Prix : DM021B

Année d'édition : 2008

Genre : Classique
Bruno Mantovani
I. Le Sette Chiese
1. La piazza Santo Stefano
2. L’église de Saint Jean-Baptiste
3. La crypte
4. La basilique du sépulcre
5. Basilique des Saints Vital et Agricola
6. La cour de Pilate
7. L’église du martyrium
8. Le cloître
9. La chapelle du bandeau

II. Streets
III. Eclair de Lune

Ircam
Ensemble intercontemporain
Susanna Mälkki, direction

Sirènes, la nouvelle collection de l’Ensemble intercontemporain, en partenariat avec IRCAM, le label Kairos et le distributeur DistrArt Musique. Une série dédiée à la musique française et aux compositeurs français d’aujourd’hui, confirmés ou en train de le devenir. Premier disque du cycle, Bruno Mantovani, le dernier bijou de l’école française de composition, dans trois œuvres pour ensemble seul ou avec instruments électroniques.

Bruno Mantovani (né en 1974) a déjà une longue carrière derrière lui et de nombreux enregistrements. Son œuvre suit son cours, multiforme mais suivant un dessein bien particulier. Réflexion intellectuelle, sensibilité, plaisir. Il cultive le jeu : jeu de mot, jeu dans son écriture. Il fait confiance à sa grande faculté d'invention, d'imagination pour développer de nouvelles voies, de nouveaux affects. Ce disque présente trois œuvres. « La Sette Chiese » (2002) est basée sur l'architecture des sept églises de Bologne, ensemble unique de sept modules encastrés qui nourrit la pièce de Mantovani : chaque espace est l'objet d'un travail sur la forme (marche militaire, choral, chant grégorien) le timbre de l'orchestre (disposés en groupes spatialisés) la technique (glissandi, superposition rythmique, résonance d'accords). « Streets » part d'un seul accord et d'une promenade à New York, perception d'un univers confus et statique. Pièce qui se développe sur une courte durée par strates progressives, l'accumulation des couches sonores. « Eclairs de Lune » fait intervenir l'acousmatique (travail des sons par ordinateur), opérant une coagulation des sons (la « synthèse granulaire ») entre les groupes instrumentaux : percussions, piano et bois, cuivres et cordes. Susanna Mälkki, dans son jardin l'IRCAM, dirige l'ensemble intercontemporain. Elle associe jubilation et rigueur pour nous fait partager ces trois pièces, reflet du bonheur de composer, de vivre la création aujourd'hui. (Jérôme Angouillant)

Kairos, en collaboration avec l’Ensemble intercontemporain et l’IRCAM, lance une nouvelle collection d’enregistrements intitulée «Sirènes». Illustrant les trois dimensions temporelles de la musique contemporaine, la collection a pour but de promouvoir la musique d’hier à peine, d’aujourd’hui et de demain (création) en présentant des disques monographiques de compositeurs en alternance jeunes ou «dans la pleine maturité de leur expression artistique», tous découverts ou soutenus par l’IRCAM ou l’Ensemble intercontemporain. Le premier disque de la collection présente trois œuvres récentes de Bruno Mantovani (né en 1974), jeune compositeur énergique dont le catalogue est déjà riche de près d’une centaine d’œuvres touchant à tous les genres.

Commandes de l’Ensemble intercontemporain pour deux d’entre elles et de l’IRCAM et l’Ensemble Ictus pour la troisième avec électronique, les trois œuvres, écrites respectivement en 2002, 2005 et 2006, très différentes par leur effectif et leur durée, marquent peut-être la naissance et l’évolution d’une nouvelle esthétique chez le compositeur. Pour commencer, l’adjectif ludique qui lui a été trop souvent associé ne convient en rien à la richesse et à la profondeur de ces trois pièces nées d’une imagination fertile et d’une grande sensibilité musicale et humaine, et élaborées avec science, art, originalité et une grande force de conviction. L’interprétation de l’Ensemble intercontemporain sous la direction de Susanna Mälkki est impeccable, comme toujours, fine, précise, en place et avec un supplément d’âme tout à fait estimable.

D’inspiration architecturale, Le Sette Chiese est une promenade sensorielle et spirituelle à travers le complexe dit des «Sept églises» de Santo Stefano à Bologne. L’architecture des lieux – lieux splendides qui s’imbriquent les uns dans les autres tout en opposant des espaces et des climats très distincts – suggère le plan de l’œuvre tout comme la répartition spatialisée de l’effectif. L’œuvre est une vaste pièce en deux suites enchaînées de quatre puis cinq volets qui représentent les neuf lieux contemplés, parcourus sans heurt de la piazza extérieure à travers cinq églises en alternance avec la crypte, la cour de Pilate et le cloître. L’effectif est un ensemble de vingt-cinq instrumentistes (sept cordes, six bois, sept cuivres, deux pianos et trois percussionnistes) répartis en quatre groupes équilibrés (deux fois huit, trois (registres graves) et six) disposés selon un principe antiphonique en largeur (deux), profondeur et hauteur. Le compositeur accomplit ses ambitions en traitant l’espace créé «dans des dimensions diverses : le conflit, l’occupation progressive, la focalisation, la fragmentation, la globalisation».

La musique est bien loin d’un premier degré descriptif mais, dès une première écoute sans titres, les lieux se dessinent et on ne peut confondre les deux volets à l’air libre aux strates de sons et de rythmes complexes qui esquissent les hasards de l’agitation urbaine, avec les volets plus sombres évocateurs d’espace, de mystère et de poésie à travers le voyage d’un regard qui capte les merveilles inattendues, les anfractuosités contrastées, les hauteurs dramatiques et les luminosités soudaines. On pense à Ligeti, Kutavicius, Lindberg mais l’équilibre entre rigueur, invention et aventure est tout à fait original. Si l’esprit de l’œuvre fait songer à Messiaen, le cinquième volet, dédié à sa mémoire, se réfère à ses techniques davantage par les imposants accords de cuivres d’ouverture que par l’écriture en trio pour les trois groupes de percussions, rythmée en gouttes d’eau accelerando, crescendo à la densité croissante et posée sur une fine trame évanescente.

C’est en se promenant dans les rues de New York que Bruno Mantovani a eu l’idée de Streets, dédiée à Pierre Boulez. La pièce pour dix instruments, fondée sur un seul accord, traduit néanmoins la complexité des multiples strates de sons indissociables, nés de la rumeur urbaine. Aussitôt on pense à Ives et à Varèse, voire à l’animation extrême bien que statique du tableau abstrait Broadway Boogie-Woogie de Piet Mondrian. Malgré tout, l’œuvre de Mantovani s’affirme au-delà de ces références par son abstraction totale et son chaos apparent. Le langage n’est pas plus radical que celui de la pièce précédente mais, à travers sa séduction, il laisse une impression de frénésie, de vitesse, de heurts, de hâte et un sens aigu de l’inéluctable. L’évolution est organique mais anarchique ou tout du moins à chaque instant inattendu, mobile, instable et d’une puissance parfois effrayante. De loin en loin s’étalent des îlots de calme relatif auxquels la harpe prête sa fluidité mais les soli de harpe, d’alto et de clarinette diversifient la texture sans apporter de répit dans cet environnement si admirablement haut en couleurs timbrales. Trois traits compositionnels augmentent la tension de l’ensemble : les notes répétées, les rythmes empilés et, dans le médium, une pédale permanente, vacillante et précaire. L’œuvre se termine sur une idée énergique et forte, imposée par la forme.

Eclair de lune allie l’électronique à un ensemble de douze instrumentistes répartis en trois groupes de quatre, une caisse claire par groupe, de jardin à cour alto, clarinette et cor, basson, violoncelle et piano, trompette, trombone et contrebasse. En préparation, le compositeur a ainsi retrouvé le chemin des studios de l’IRCAM, où le réalisateur en informatique musical, Sébastien Roux, l’a efficacement secondé pour la partie électronique. Son projet était de mettre l’accent sur «l’enrichissement réciproque de l’écriture et de la manipulation sur la matière sonore». La matière sonore électronique relève de multiples enregistrements de caisses claires, morcelés, transformés et soumis à un montage délicat à transformer encore. Nouvelle recherche sur la spatialisation, Eclair de lune est à la fois concerto pour piano, concerto pour trois caisses claires, œuvre pour ensemble et pièce acousmatique. L’œuvre, par définition, distille la douceur du nocturne mais aussi la terreur. C’est une nuit palpitante de vie aux remous troublants et aux scintillants reflets de lumière pâle ou violente. Riche et séduisante, la complexité de l’écriture réjouit et on voudrait percer le secret de ce tapis sonore qui soutient en permanence l’ensemble, meuble et tremblant comme la surface attirante de l’eau des rêves. L’ensemble, où les notes répétées abondent, joue sur les résonances et dégage une vitalité rare et une énergie constamment intense.

Les trois organismes associés de la collection «Sirènes» ont préféré, aux parfois chaleureuses captations en direct, des enregistrements en studio qui permettent d’optimiser la qualité du son. Effectivement, on en apprécie la présence, la transparence, l’ampleur et le sentiment d’espace.

Le prochain disque monographique de la série sera consacré à Luca Francesconi.

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